La saison des couleurs à vélo
Publié le 16 septembre 2026
Par Simon Diotte

Températures plus fraîches, couleurs en feu et temps des récoltes: le vélo d’automne, quelle que soit sa déclinaison, invite à étirer la saison le plus longuement possible.
Dans l’univers du deux-roues, Gilles Morneau est une figure bien connue. Collaborateur de Vélo Mag depuis belle lurette, il est également concepteur de sentiers de vélo de montagne. Pour lui, chaque saison cycliste a ses avantages, mais la troisième saison de l’année possède une touche singulière. « L’automne fait appel à tous nos sens. C’est la seule saison où l’on sent réellement les odeurs de la nature, surtout en roulant sur un tapis de feuilles mortes », dit ce cycliste de 68 ans.
Pour lui, quand le mercure baisse, c’est l’heure du vélo de montagne. « Puisqu’on monte constamment des côtes en vélo tout-terrain, la grosse chaleur estivale est plus difficile à supporter. Je suis alors très content de retrouver la fraîcheur quand les journées raccourcissent », dit ce cycliste devant l’éternel, qui ne rechigne pas à se lever aux aurores en vue de pédaler dans la brume matinale.

📷 Parcs Canada
Autre avantage non négligeable de l’automne : les moustiques s’évaporent dans la nature. C’est leur période de vacances, imagine-t-on. Plus besoin de rouler vite pour les fuir ni de s’enduire de chasse-moustiques. Comme tout le monde, Gilles Morneau adore aussi les couleurs automnales et la meilleure visibilité en forêt quand les arbres se dénudent.
L’automne offre un autre atout de taille. C’est le temps des vendanges, des pommes et des récoltes. « Chaque vignoble, verger, marché et producteur devient une raison de descendre de selle. On roule pour les paysages bien sûr, mais aussi pour goûter au meilleur moment de l’année », affirme Titouan Bussière, coordonnateur aux relations de presse à Tourisme Cantons-de-l’Est.
Et comme disait le peintre Vincent van Gogh : « Tant que durera l’automne, je n’aurai jamais assez de mains, de toiles et de couleurs pour peindre toutes les beautés que je vois. »
Alterte à la visbilité
Avec les journées d’automne plus courtes, les cyclistes risquent de se faire surprendre par la pénombre. Avant de partir pour une longue sortie, pensez à augmenter notre visibilité. Les réflecteurs et bandes réfléchissantes font une partie du travail au crépuscule, mais quand la nuit tombe, l’installation d’un phare blanc à l’avant et d’un feu rouge à l’arrière devient indispensable pour assurer votre sécurité. Le feu rouge clignotant améliore également la visibilité en plein jour. Ça vaut la peine de l’actionner en tout temps. Petit conseil : avant de quitter la maison, vérifiez l’état de vos batteries. Ça évite les mauvaises surprises.

📷 Kim Roberge
Où rouler cet automne?
Voici quelques propositions qui vous convaincront que la saison de vélo ne se termine pas à la fête du Travail.
D’un quai à l’autre
Région : Cantons-de-l’Est
Pratique : vélo de gravier
Distance : 55 km
Ce circuit cycliste est sans conteste l’un des plus beaux de la région. Cependant, il se mérite. Dès le départ, peu après le quai de Georgeville, sur les rives du lac Memphrémagog, une belle montée pousse le cycliste aux muscles encore froids dans ses derniers retranchements. Et beaucoup d’autres pentes infernales suivront en cours de route. Mais quel décor! De la forêt, des plans d’eau, des ruisseaux et des champs agricoles à perte de vue sur la colline Pinkham. À faire et à refaire.

📷 Simon Diotte
Parc linéaire des Bois-Francs
Région : Centre-du-Québec
Pratique : vélo de gravier ou vélo de route
Distance : 77 km
Aménagée sur une ancienne emprise ferroviaire traversant le Centre-du-Québec du nord au sud, ce parc linéaire plat propose une escapade champêtre au milieu de vastes érablières. Ici, la tranquillité règne. La piste en poussière de pierre croise très peu d’intersections et l’achalandage frise le néant dès qu’on quitte les centres urbains de Victoriaville et Plessisville. Pas besoin de parcourir le parc en entier. On fait durer le plaisir en y allant par étapes. Psitt psitt : le plus beau tronçon relie Tingwick à Warwick…

📷 Kim Roberge
Circuit des églantiers
Région : Bas-Saint-Laurent
Pratique : vélo de route
Distance : 50 km
Ce circuit routier rassemble le meilleur des magnifiques paysages de la région de Kamouraska. On roule sur la route 132, certifiée Route verte, entre le fleuve et les cabourons -ces reliefs typiques du coin. En chemin, on hume l’air salin, on contemple le riche patrimoine local et on s’arrête aux haltes gourmandes. L’excursion prend de la hauteur en quittant la route 132 afin de rejoindre les rangs de l’Embarras et du Mississippi, surplombant le fleuve et les villages côtiers. Cette journée parfaite se termine en beauté à la microbrasserie Tête d’Allumette, face au grand fleuve, bière artisanale à la main.
La chute Delaney et les pistes sucrées
Région : Québec
Pratique : vélo de montagne
Distance : 20 km

📷 Gilles Morneau
Rendez-vous dans la Vallée Bras du Nord, une coopérative récréotouristique qui a fait du vélo de montagne son produit d’appel. On commence par aller contempler la chute Delaney, qui dévale une montagne sur 150 m, par un large chemin de 4,2 km. Une fois que les jambes bien échauffées, on s’amuse dans le secteur Sucré adjacent. Au menu : deux pistes faciles et trois pistes intermédiaires qui conviennent aux débutants, aux jeunes cyclistes et aux familles. Elles sont dites « sucrées » parce qu’elles serpentent dans une érablière aux couleurs flamboyantes. Rien de mieux pour un après-midi sportif!
Le parc national de la Mauricie
Région : Mauricie
Pratique : vélo de route
Distance : 63 km
Joyau québécois, le parc national de la Mauricie se distingue avec sa fameuse route Promenade, un ruban de bitume de 63 km jalonné de nombreux belvédères. Ceux-ci offrent sur un plateau d’argent la grande nature mauricienne. À l’automne, c’est un must pendant la flambée des couleurs.
On va se le dire : ce n’est pas pour les néophytes du guidon. Le trajet aller simple, à partir de Saint-Jean-des-Piles, cumule un dénivelé de 970 m. Les côtes y sont nombreuses, bien que pas trop à pic.
Avertissement : quand on arrive au bout, il faut prévoir aussi le retour. L’alternative, outre l’aller-retour ou la deuxième voiture, c’est une boucle de 112 km qui passe par les villages du coin. Astiquez votre vélo et partez!













