4 activités hors du commun parfaites pour prendre l’air ce printemps

Publié le 11 mars 2022

Par Sara Larin

Une dernière grosse tempête ou une fonte des neiges rapide? Il est plus difficile de planifier des activités de plein air au printemps (même si notre amie la marmotte nous donne un petit coup de pouce). Que vous vouliez profiter à plein des dernières semaines de l'hiver ou que vous vous prépariez à accueillir la belle saison, voici des activités qui vous feront sortir des sentiers battus.

1. Plongée en apnée sous le soleil ou sous la glace

Imaginez-vous nager avec des méduses d’eau douce, découvrir une épave enfouie ou vous approcher de coraux multicolores dans les eaux profondes (et moins profondes) du Québec. Marie-Nick Gagnon, apnéiste certifiée depuis maintenant trois ans, retient son souffle pendant plus de deux minutes et plonge à 30 mètres de profondeur pour voir toutes ces merveilles, et ce, avec très peu d’équipement.

Crédit photo 📷 Marie-Nick Gagnon

Plus qu’une plongée sur un souffle

Pour elle, la plongée en apnée est beaucoup plus qu’un aller-retour en eau profonde sur un seul souffle : « On défie les lois de la physique pour explorer un endroit dans des conditions impensables pour l’humain. On est loin de la surface, loin de l’air qui remplit nos poumons. C’est une activité à la fois sportive et méditative. J’aime le silence qui m’entoure lorsque je plonge, l’effet d’apesanteur, la sensation de liberté et le lâcher-prise que ça me demande. J’aime dépasser mes limites à chaque plongée. »

Pour qui ?

Cette activité est parfaite pour :

  • les amoureux de l’eau et de la natation sportive (on peut traverser une carrière à la nage plusieurs fois lors d’une excursion) ;
  • les passionné.e.s de la plongée libre qui veulent voir la vie marine d’un peu plus près ;
  • ceux et celles qui ont envie de plonger avec très peu d’équipement.

On ne peut pas s’improviser apnéiste

Avant de se lancer dans l’une des formes de cette discipline, comme l’apnée dynamique ou l’apnée statique, on doit obtenir une certification. « J’ai reçu le cours de niveau 1 en cadeau et c’est comme ça que j’ai eu la piqûre, précise Marie-Nick. C’est une série de 10 cours de deux heures en piscine qui se termine avec un examen pratique et théorique. On y apprend, entre autres, les rudiments de la sécurité, les lois de la physique des fluides et des gaz, les mécanismes physiologiques qui sont mis en place lorsqu’on retient son souffle pour éviter de se mettre en danger et les techniques d’immersion et de compensation (pour équilibrer la pression dans les oreilles). C’est important de ne pas s’improviser apnéiste ; c’est bien différent du snorkeling (plongée en eau peu profonde ou à la surface de l’eau en utilisant un masque et un tuba). » Et, surtout, vous souvenir de la règle numéro un : toujours plonger avec un.e autre apnéiste.

Cours d’initiation et certification

Seule Québec Subaquatique (FQAS) est autorisée à émettre un certificat de qualification en plongée subaquatique récréative au Québec. Vous devez vous conformer à la règlementation provinciale pour pratiquer la plongée en apnée. Vous trouverez des moniteurs reconnus par la FQAS notamment dans ces clubs d’apnée sportive :

Les plus beaux endroits où en faire au Québec

Voici les coups de cœur de Marie-Nick :

  • Carrière Kahnawake : Endroit près de Montréal avec une excellente visibilité et aucun courant. Ce lieu est idéal pour s’entraîner en profondeur. On y voit un peu de poissons (surtout de l’achigan), des objets immergés comme des plateformes et même des méduses d’eau douce.
  • Carrière Flintkote : Avec ses 100 mètres de fond, cet endroit est parfait pour repousser ses limites. L’eau douce est claire et on y trouve quelques épaves.
  • Carrière Morrison : Eau limpide où l’on peut plonger été comme hiver (sous la glace). On peut y voir un avion à 8 mètres de profondeur et un sous-marin à 18 mètres.
  • Base de plongée Les Escoumins (baie des Anémones) : « Il y a plus de couleurs à cet endroit qu’à Hawaii ! ». C’est un lieu parfait pour les premières plongées ; on peut y voir des anémones, des oursins, des étoiles de mer et de petites méduses à environ 6 mètres de fond. Si on veut aller plus profond, on doit se munir d’une lampe de poche, car il fait très noir. Attention au courant, cependant !
  • Parc national Forillon en Gaspésie : Ici, le plaisir est de nager avec les phoques (si vous avez de la chance !).
  • Île Bonaventure : L’équipe du Club nautique de Percé peut vous faire découvrir les sites de plongée sur les côtes de l’île. C’est l’endroit parfait pour découvrir de nombreuses espèces marines comme la méduse à crinière de lion, le phoque gris, le crabe, le homard et divers poissons.
Crédit photo 📷 Marie-Nick Gagnon

Une expérience sous la glace pour repousser ses limites

Pour les apnéistes expérimenté.e.s, Marie-Nick propose un nouveau défi : plonger en hiver. « On a ouvert la glace à trois endroits à la carrière Morrison. La distance entre les ouvertures était d’environ 15 à 20 mètres. C’est une expérience extrême : l’eau est très froide, on se réchauffe avec des bidons d’eau chaude entre les plongées. La clarté de l’eau et la lumière qui passe à travers la glace ; c’était tout simplement magique ! »

Crédit photo 📷 Marie-Nick Gagnon

2. Ski-raquette, être le premier à ouvrir le chemin

Le ski-raquette ou le ski Hok est un mélange entre le ski de randonnée et la raquette. Les skis utilisés sont courts, mesurent environ 125 cm et sont munis d’une peau synthétique. Résultat ? Vous pouvez aller loin, vite et hors des sentiers. Les skis s’attachent directement à vos bottes d’hiver et nul besoin de retirer et remettre les peaux pendant la randonnée.

Crédit photo 📷 Sara Larin

Pour qui ?

C’est un sport très accessible, parfait pour les débutant.e.s. L’équipement est facile à utiliser et s’adapte à votre niveau d’expérience. Vous pouvez commencer dans des pistes prévues pour la pratique du sport ou aller explorer l’arrière-pays pour en ouvrir de nouvelles. Tout est possible !

Location d’équipement et endroits où en faire au Québec

En sentier, le ski-raquette ressemble un peu au ski de fond. Vous faites glisser vos skis pour avancer. L’avantage est que vous pouvez en faire dans n’importe quel type de sentier contrairement au ski de fond. Assurez-vous de choisir des pistes qui ne sont pas trop étroites ou abruptes et où la neige n’est pas trop damée. Si vous choisissez d’explorer l’arrière-pays (hors piste), le sport s’apparente plus à la raquette lors de la montée. Vous pouvez descendre sur vos traces pour vous amuser à glisser au retour. Attention, votre passage peut laisser des traces dangereuses pour les skieurs utilisant des peaux. Évitez leurs sites de pratique.

Ski-raquette devant
Ski-raquette derrière
Pour l’essayer avant d’acheter de l’équipement :
  • Chez VoileOka : Location et cours d’initiation offerts par une équipe de passionné.e.s qui vous feront découvrir des endroits connus seulement des locaux.
  • Dans plusieurs parcs de la Sépaq : Station touristique Duchesnay, parc national des Monts-Valin, Auberge de montagne des Chic-Chocs, parc national de la Gaspésie et Gîte du Mont-Albert.
  • Au Parc régional du Massif du Sud : Trois secteurs conçus pour la pratique du ski-raquette, sorties guidées et ateliers de perfectionnement.

Endroits à explorer en ski-raquette (avec votre chien, si vous le voulez) :

  • La pinède d’Oka : Ce secteur calme et enchanteur est l’endroit parfait pour essayer ce sport. Située à seulement cinq minutes du centre de location VoileOka (demandez-leur comment vous y rendre), on y trouve plusieurs pistes en boucle. Les sentiers ne sont pas balisés, mais il est facile de s’y retrouver.
  • Le Parc régional de la Forêt Ouareau : Cet immense terrain de jeu sauvage comprend cinq secteurs ayant chacun des paysages uniques et impressionnants. Le secteur Grande-Vallée (difficile) possède un réseau de sentiers de 25 km, dont une ascension qui permet de voir Montréal (par temps dégagé). Le secteur du Pont-suspendu (facile) vous permet de suivre la rivière Ouareau. Le sentier est large et comporte des montées et des descentes peu escarpées.
  • Les sentiers de Saint-Donat : Des dizaines de kilomètres de pistes et un accès gratuit. Je recommande le sentier de la Montagne Noire. S’il n’y a pas trop de neige, vous pourrez y voir l’épave d’un avion qui s’y est mystérieusement écrasé en 1943.
  • Le Sentier national : Il traverse neuf régions du Québec et on peut le faire du début à la fin (une aventure intense qui demande de la préparation) ou se limiter à certaines sections. Ce que j’aime du Sentier national, c’est qu’il est beaucoup plus sauvage et moins achalandé que certains autres (dans la région de Lanaudière, en tout cas).

3. Les sports attelés : s’amuser avec son chien été comme hiver

J’adore pratiquer des activités sportives avec ma chienne Arizona. C’est un moment où elle peut se dépenser complètement (et moi aussi !). Mais attention : les sports canins attelés doivent être pratiqués dans les règles de l’art pour éviter de blesser votre chien ou de vous mettre en danger. Pour l’équipement, je vous propose Mush Hi-Tech dans Lanaudière ou Nahak (boutique en ligne et plusieurs points de vente à travers le Québec).

Code d’éthique

Les chiens ne sont généralement pas un problème en plein air. Ce sont plus souvent les maîtres qui ont besoin d’être rappelés à l’ordre. Voici quelques règles de base :

  • Vous êtes responsable du comportement de votre chien et vous devez le contrôler en tout temps incluant ses jappements ;
  • Vous devez vous assurer que votre chien a fait ses besoins avant une activité en sentier dans un endroit qui ne dérangera pas les utilisateurs des lieux. Si votre chien fait ses besoins sur le sentier, il est de votre responsabilité de vous arrêter pour ramasser autant l’urine que les selles.

Pour plus de détails, consultez le Code d’éthique et bien-être de l’animal de la Fédération des mushers et athlètes canins du Québec.

Vélo attelé : prendre la montagne d’assaut avec son chien

Si vous aimez le vélo de montagne (et êtes propriétaire d’un chien), le vélo attelé (bikejoring) est l’activité idéale pour amener la pratique du sport à un autre niveau. Votre chien, attelé et attaché à votre vélo à l’aide d’une ligne bungee, vous tirera dans les sentiers en forêt. C’est un sport de vitesse et de sensations fortes qui vous permettra de développer un lien unique avec votre animal. Vous pouvez utiliser un vélo de montagne ou un vélo à pneus surdimensionnés (fatbike) pour le pratiquer à longueur d’année.

Crédit photo 📷 Marie Parent photographie

Pour qui ?

Ce sport de traction demande de posséder de bonnes bases en sports canins attelés et en vélo de montagne. On peut atteindre des vitesses assez impressionnantes ; il faut donc être capable de rester en contrôle. Ce n’est pas l’activité idéale pour initier son chien aux sports de traction : optez plutôt pour le canicross (marche ou course) ou le caniraquette.

Endroits où en faire au Québec

Pour commencer, choisissez des sentiers faciles, larges et peu passants avec le moins d’embranchements possible. Évitez les pistes asphaltées (souvent brûlantes) qui peuvent blesser les coussinets de votre chien et qui sont dures pour ses articulations. Le club Canicross Estrie déconseille de faire travailler un chien en traction durant l’été, c’est-à-dire de la mi-juin à la mi-septembre : « Un chien ne régularise pas sa température corporelle comme un humain, c’est donc beaucoup plus demandant pour lui de pratiquer ce type de sport durant cette période. »

Un chien ne régularise pas sa température corporelle comme un humain alors les température de l'automne sont idéales pour la pratique de cette activité.

Crédit photo 📷 Marie Parent photographie

Le club Sports Canins Attelés Québec recommande de choisir des pistes privées dédiées à la pratique du vélo attelé comme celles du Domaine Nomad. Ces sentiers sont plus sécuritaires, car les piétons ne peuvent y circuler et les adeptes qui les empruntent sont généralement plus expérimentés. À Sherbrooke, les sentiers multifonctionnels du parc du Mont-Bellevue et ceux de la base de plein air André-Nadeau sont adaptés à la pratique de ce sport. L’équipe du club Canicross Estrie rappelle avec importance : « Si vous empruntez des sentiers publics comme ceux-ci, vous devez toujours être extrêmement vigilant.e et respecter toutes les règles de sécurité entourant le sport pour votre sécurité et celle des gens avec qui vous partagez le sentier. » À Bromont, la Ceinture de randonnée (C-1), large et sans obstacle, est idéale pour les premières randonnées.

Ski joëring : transformer son expérience de ski de fond

Vous êtes habile sur vos skis ? Le ski de fond tracté est sans contredit une activité à essayer ! J’ai eu la chance d’en faire avec un chien husky très expérimenté dans un centre dédié à la pratique des sports canins. Skis aux pieds et attelée au chien, je me suis lancée sur les pistes enneigées en compagnie d’une guide. Le sport ressemble au canicross, en beaucoup plus exigeant. On doit se concentrer sur la piste, donner des commandes vocales au chien (une chance que j’étais guidée) et garder son équilibre. J’ai réussi à rester sur mes skis tout au long de la randonnée (ou presque). Je recommande de suivre quelques cours avant de se lancer à moins d’être un.e pro du ski et des sports canins attelés.

Crédit photo 📷 Marie Parent photographie

S’initier à la pratique

Ce sport de traction est parfait pour les aventurier.ère.s qui ont déjà fait du ski alpin, du ski de randonnée, du ski de fond, du télémark ou un sport canin attelé. Si ce n’est pas votre cas, vous pouvez commencer par le canicross, le caniraquette, ou le ski-raquette.

Endroits où en faire au Québec

Vous pouvez consulter la liste de la Fédération des mushers et athlètes canins du Québec. Cette dernière vous suggère d’appeler avant de vous présenter dans un centre de ski, car chaque endroit a ses propres règles et façons de faire.

4. Wing : se laisser porter par le vent sur la neige ou sur l’eau

Le snowkite vous intimide un peu ? « Le wing est une option beaucoup plus intuitive et tout aussi excitante », précise Caroline de Alcala, entraîneuse et encadrante des activités de développement de l’excellence à la Fédération de voile du Québec. Nul besoin de vous attacher : vous n’avez qu’à tenir la voile dans vos mains et à vous laisser porter par le vent. Si vous avez déjà enfilé des skis, vous êtes prêt.e à suivre un cours d’initiation pour apprendre les notions de base sur la théorie du vent et la façon de manier une voile. C’est un sport toute saison ! L’hiver, vous pouvez pratiquer ce sport sur des skis ou une planche à neige et l’été, si vous n’avez pas peur des défis, vous pouvez essayer le wing foil.

Cours de wing en hiver au Québec.

Pour qui ?

En une heure, vous devriez arriver à manier la voile et à vous amuser. L’avantage est que si vous ne vous sentez pas en contrôle, vous n’avez qu’à lâcher la voile. Vous avez envie de l’essayer en famille ? Règle générale : un.e enfant de 8 ans et plus peut pratiquer ce sport à condition d’être assez grand.e pour éviter que la voile ne touche au sol et assez fort pour la tenir. Il ou elle doit également savoir faire du ski ou de la voile, être débrouillard.e et suivre un cours d’initiation.

Endroits où en faire au Québec

L’endroit idéal n’est pas toujours facile à dénicher. Bien entendu, vous devez choisir un endroit ouvert comme un champ ou un lac gelé. Vous devez également connaître la force et la direction du vent de la région. L’idéal est de demander conseil aux spécialistes du centre où vous louerez votre équipement.


Si c’est votre première expérience, vous pouvez louer un wing et suivre un cours avec un.e spécialiste. La majorité des centres de kitesurf et snowkite offrent ces services. Vous pouvez trouver un centre près de chez vous sur le site web de la Fédération Québécoise de Kite. Le centre 30 Nœuds sur la Rive-Sud de Montréal, le Club Multivoile 4 saisons à Trois-Rivières et VoileOka à Oka offrent également ces services. À noter : vous devez apporter vos skis ou votre planche à neige.

Avec autant de nouveautés à essayer, vous serez prêt.e à profiter du grand air, été comme hiver.