Démocratiser le ski de montagne, une montagne à la fois

Publié le 22 novembre 2022

Par Simon Diotte

Activité en pleine ascension, le ski de montagne a besoin d’espaces. De sites où il est possible de tracer sa piste dans la neige fraîche. Un travail de défrichage qui est réalisé depuis 2015 par la Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade (FQME).

Dépassés les télésièges? Tout à fait! La mode dans les sports de glisse, c’est le ski de montagne, une déclinaison du ski qui se pratique sur des pistes non damées et où les remontées se font de façon autonome, en accédant aux zones skiables avec des peaux d’ascension.

Crédit photo : Valérie Marcon - FQME

Mais pour que les maniaques de poudreuse, qu’ils soient en ski, en télémark ou en planche à neige, puissent tracer leurs pistes dans la neige fraîche, il leur faut des terrains de pratique. C’est là qu’intervient la FQME, dont l’une des missions est de développer des montagnes skiables aux quatre coins du Québec, dans le but de démocratiser ce sport en pleine ascension. La FQME, qui a repris sous son chapeau le ski de Montagne en 2015, a ouvert son premier site à Maria, dans la Baie-des-Chaleurs, en Gaspésie. « Le but initial, c’était de créer une offre. De favoriser la pratique libre de ce sport en dehors des stations », explique Maxime Bolduc, directeur du volet ski à la FQME.

Crédit photo : Dylan Page - FQME

Dans les années qui suivent, le déploiement de nouveaux sites connaît un boom. Si bien qu’aujourd’hui, il y a 16 sites de pratique affiliés à la FQME et d’autres sont en développement. Toutefois, la cadence d’ouverture de nouveaux sites va diminuer. « Notre réseau devient imposant et exige de plus en plus de ressources. De plus, ouvrir une nouvelle montagne constitue un travail de longue haleine, qui demande de deux à trois ans de démarche. Pour ces raisons, nos efforts dans les prochaines années seront consacrés à consolider notre offre », explique Maxime Bolduc. La montée en puissance du ski de montagne fait que certains sites sont victime de surexploitation. « Les champs de neige fraîche se raréfient alors que la raison d’être du skieur hors-piste, c’est de tracer sa propre piste dans la neige fraîche. C’est la raison pourquoi ces skieurs quittent le terrain damé des stations de ski », explique Maxime Bolduc.

Crédit photo : FQME

Pour répondre à la demande, la FQME travaille à l’agrandissement et à la bonification des domaines skiables, tout en augmentant leur capacité, comme en ajoutant des cases de stationnement. Voici l’inventaire de ce qui a été réalisé en vue de la prochaine saison de glisse.

  • St-Alex-Ski, situé à Sainte-Alexis-des-Monts, en Mauricie, doublera de taille, après une saison inaugurale en 2022 couronnée de succès.
  • Les Sommets du fjord, le secteur hors-piste de Petit-Saguenay, comptera trois nouvelles pistes et plusieurs autres en 2023-2024.
  • Marsoui, en Haute-Gaspésie, comprendra une 3e zone skiable.
  • Eldorado Estrie, à la frontière du Québec et du Maine, dans la région de Mégantic, profite d’un stationnement plus vaste.
  • À la montagne Saint-Pierre, située à La Rédemption, dans le Bas-Saint-Laurent, une grosse surprise attend les réguliers (impossible à dévoiler pour le moment).

« Nous avons aussi effectué des travaux de nettoyage dans l’ensemble de notre réseau afin de rendre l’expérience encore plus agréable », dit Maxime Bolduc. Bref, la FQME n’a pas chômé pendant l’été.


Du ski comme outil de développement

Le ski de montagne ne fait pas que le bonheur des mordus de poudreuse. C’est aussi un outil de développement économique. Par exemple, depuis l’ouverture de St-Alex-Ski, les commerçants ressentent un achalandage accru, affirme Julien Guay, co-instigateur du projet. « Les skieurs arrêtent à l’épicerie, au restaurant, à la station d’essence. Ça dynamise la place », dit-il. La microbrasserie Nouvelle-France, partenaire du projet, devient aussi le rendez-vous de prédilection de l’après-ski.
À Petit-Saguenay, la municipalité était en déclin. Le secteur hors-piste, aménagé sur un sommet situé dans le périmètre urbain, change la donne. La perception du village fait un virage à 180 %, autant auprès de la population locale que chez les visiteurs.

Crédit photo : Dylan Page - FQME

Le comité local, qui travaille en collaboration avec la FQME, rêve maintenant d’un second Murdochville, ex-village minier gaspésien qui renaît sous l’impulsion de son gisement de neige. La municipalité rêve maintenant d’un écoquartier attirant une nouvelle génération de Saguenois et Sagueoises. Avec la station de ski Mont-Édouard et Ski Saguenay, deux promoteurs de ski hors-piste du village voisin de L’Anse-Saint-Jean, Petit-Saguenay veut devenir un pôle majeur de ski de montagne au Québec.

Quand le ski rime avec développement économique.

L’accès aux domaines skiables de la FQME est gratuit, mais il faut être membre de la FQME pour y skier. L’adhésion annuelle ou journalière inclut une assurance et supporte le développement et l’entretien des sites de pratique.

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