Le plein air, ça s’apprend!

Publié le 11 septembre 2023

Par Nathalie Schneider

Encourager le plein air durable dans le respect du milieu et des autres, c’est bon à tous les niveaux : individuel et sociétal. C’est justement l’objectif de la campagne « Cultive ton plein air » lancée par le Réseau plein air Québec

Durant la pandémie, on a assisté à une croissance de l’intérêt pour le plein air, et c’est tant mieux. Mais, parfois, l’impact sur le milieu naturel et sur l’expérience des autres utilisateurs du territoire s’est avéré désastreux. En réaction à ces situations critiques et potentiellement dangereuses, des organismes comme Rando Québec ou la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) ont produit des documents de sensibilisation à l’attention des gestionnaires de sites, mais aussi des particuliers. Preuve que la pratique du plein air n’est pas innée et qu’adopter de bons comportements en nature, et par le fait même favoriser la pérennité du plein air, nécessite de les apprendre.   

 

Enraciner une culture du plein air

« Cultive ton plein air » : c’est l’invitation lancée par le Réseau plein air Québec (RPAQ) en partenariat avec onze fédérations pour développer « une pratique responsable et sécuritaire du plein air ». Cette campagne entend sensibiliser le public aux pratiques qui respectent l’intégrité du milieu naturel, mais aussi l’expérience des autres utilisateurs du territoire : pleinairistes, propriétaires terriens, citoyens, etc. « C’est un bel exemple d’efforts mis en commun par le Réseau plein air Québec et les fédérations pour produire un outil transdisciplinaire qui dépasse les silos des différentes activités », explique Caroline Tanguay, chargée de projet au RPAQ et qui a contribué à la campagne. Qu’elle soit de courte ou de longue durée, une activité réussie commence par une bonne planification : choisir un parcours à la mesure de ses capacités, vérifier les conditions météo, disposer d’un équipement adéquat comptent parmi les recommandations de base. Pour une première expérience en kayak de mer, par exemple, on privilégiera une sortie de groupe guidée par un professionnel qui possède une formation adéquate. D’ailleurs, il ne faut pas hésiter à interroger le pourvoyeur en tourisme d’aventure sur les compétences exactes de ses employés, surtout pour des activités impliquant un certain niveau de risques : eau vive, escalade, ski de montagne pour n’en citer que quelques-unes. Durant l’activité, chacun est invité à tenir compte des autres usagers en faisant preuve de civisme : qui a envie de planter sa tente près de campeurs qui poussent le volume d’un ghetto blaster jusque tard dans la nuit? Appliquer les principes du Sans trace, complémentaires à ceux de « Cultive ton plein air », est également une règle de base, encore faut-il les connaître. Rapporter ses déchets, ne rien prélever sur place, se stationner et demeurer aux endroits désignés (camping compris) ou, encore, éviter de nourrir les animaux figurent notamment sur la liste des principes élémentaires. Des principes que chaque personne qui s’aventure en plein air devrait connaître et maîtriser. L’idée de cette campagne est d’inviter les visiteurs à appliquer ces principes avant, pendant et après ses activités. 

 

Le sens du collectif

Appliqués individuellement et massivement, ces comportements contribuent à forger une société engagée, plus responsable et plus éthique. À cet égard, la campagne « Cultive ton plein air » recense également les actions que chacun peut poser en faveur de la communauté du plein air : pratiquer le bénévolat en plein air, devenir membre d’une fédération, privilégier les commerces et les hébergeurs locaux, par exemple. Une société engagée envers l’intégrité de son milieu naturel et envers l’activité physique en nature a tout à gagner : protection environnementale, santé publique (une solution aux affres de la sédentarité et du déficit nature!) et retombées positives dans l’économie locale. N’oublions pas que le plein air et le tourisme d’aventure sont des leviers économiques importants, surtout pour la vitalité des régions.

 

Le modèle scandinave

Plusieurs pays de Scandinavie – dont on dit que leurs citoyens sont les plus « heureux » du monde – inscrivent, dans leur constitution, un droit fondamental : l’accès à la nature pour tous. En Norvège, par exemple, cet accès est illimité et totalement gratuit, parcs nationaux compris. Un Scandinave aurait d’ailleurs beaucoup de mal à accepter de payer pour marcher ou skier sur un territoire public! De nombreux chalets sont accessibles partout gratuitement sous le principe du premier arrivé, premier servi. Cette culture du plein air vient aussi avec le sacro saint principe du « Don’t disturb, don’t destroy ». Preuve que plus on encourage une communauté à aller dans la nature, plus on la responsabilise et plus celle-ci finit par adopter des comportements appropriés.    

 

Le rôle des entreprises

De nombreuses entreprises scandinaves aussi bien du secteur privé que public encouragent d’ailleurs leurs employés à pratiquer le plein air. Ce qui n’est pas le cas partout. Dans son article Développer une culture du plein air : tout le monde y gagne!, publié par le Réseau de veille en tourisme, Claudine Barry soulève un contre-exemple : celui de la société américaine qui passe 95 % de son temps à l’intérieur, selon une récente étude de l’Outdoor Industry Association (OIA). « L’OIA estime que les milieux de travail doivent servir de courroie de transmission pour l’adoption de meilleures habitudes de vie », écrit notamment cette experte en gestion du tourisme. Des pistes de solution existent pourtant : favoriser les pauses des employés à l’extérieur, encourager le transport actif ou, encore, financer la pratique d’une activité de plein air. Quelques Éco-Quartiers de Montréal, comme celui de Rosemont – La Petite-Patrie, ont mis en place des outils pour inciter les employés à recourir au transport actif, au vélo notamment. L’organisme fait valoir les effets positifs de la pratique du vélo pour se rendre au travail : sur la santé, sur l’environnement, sur le portefeuille et sur le temps. Cette intégration de la culture du vélo, notamment en entreprise, est d’ailleurs supportée par la certification vélosympathique de Vélo Québec, une mesure d’accompagnement qui favorise sa pratique massive et sécuritaire. Mais soyons honnêtes : malgré des initiatives mises en place par une poignée de néo-entreprises – notamment dans l’industrie du plein air –, ces incitatifs sont peu adoptés par le milieu du travail. La campagne « Cultive ton plein air » et l’implantation graduelle d’une culture plein air au Québec inciteront certainement plus d’entreprises à emboîter le pas, ce qui renforcera la culture plein air… et ainsi de suite.

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